Décor de cette pause improvisée et bienvenue après 2 semaines intensives de routes, de pistes, de fatigue, de crasse accumulée et d'aventures en tout genre.
Une ville minière, perdue dans les montagnes laponnes. Ambiance Allemagne de l'est, version 70's (ou plutôt Russie ?), cheminées en briques, usines et voies ferrées défoncées, barres d'immeubles à l'architecture... curieuse. Du soleil (et il est important de le noter, car c'est LA PREMIERE FOIS DEPUIS BERGEN qu'on voit le soleil !). Une placette ou un haut-parleur diffuse le tube improbable d'un boys band local et ou une laponne vend, à l'étalage, quelques babioles artisanales. On lui a acheté un oeuf.
Du banc ci-dessous, les Rennes du Bitume, dans un état second (mais dans quel pays on est ? quel jour ? on sait plus trop...:-)), décident, pour cette journée off, de faire le bilan de ces 13 jours passés loin de vous tous... Essayons vous faire un peu rêver !
Après avoir parcouru les premiers kilomètres à travers la France, la Belgique, l'Allemagne et le Danemark, (siestes monstrueuses d'Albane) nous embarquons sur le ferry pour une longue traversée jusqu'à Bergen (Norvège)... une ville où on serait bien restées plus longtemps pour sa douceur de vivre. Mais le Cap Nord est encore loiiiiiiin alors on poursuit notre route avec d'autres équipages (Polar Oïd, Les P'tits Lu et Les Vikings) qui deviennent vite nos potes de cibi. La traversée de la Norvège du sud au nord est particulièrement époustouflante, les paysages sont magnifiques, on passe de Alpes suisses à la Cordillère des Andes... Lacs, montagnes enneigées, plaines lunaires, désertiques, toitures chevelues (oui, chevelues), herbe grasse, lacs gelés. Température polaire et ciel bas.
Ces premiers jours sont épuisants et nous déconnectent parfaitement de notre quotidien. On est larguées, et contentes de l'être !
Ascension du Glittertind (plus haut sommet de Norvège)
Lever, 6h. Départ, sac fait, 6h30. Dur. On enquille la marche d’approche de 2h pour arriver au refuge, départ du Glitt’. Certains (la plupart) en restent là, mais nous les RDB, on est des warriors ! alors on monte… On arrive au sommet bien crevées, mais dans le groupe de tête, avec les copains ! Fierté quand même… 3 heures de montée, dans des névés et des pierriers. On arrive en haut pour pique-niquer mais on y voit pas à 2 mètres, d'ailleurs on sait même pas si on est VRAIMENT au sommet (mais on doit y être car on devine le vide devant et sur les côtés).
Lever, 6h. Départ, sac fait, 6h30. Dur. On enquille la marche d’approche de 2h pour arriver au refuge, départ du Glitt’. Certains (la plupart) en restent là, mais nous les RDB, on est des warriors ! alors on monte… On arrive au sommet bien crevées, mais dans le groupe de tête, avec les copains ! Fierté quand même… 3 heures de montée, dans des névés et des pierriers. On arrive en haut pour pique-niquer mais on y voit pas à 2 mètres, d'ailleurs on sait même pas si on est VRAIMENT au sommet (mais on doit y être car on devine le vide devant et sur les côtés).
D’ailleurs, le pique-nique dans la neige est vite galère car on
se pèle sévère, et il commence à pleuvoir dru… On plie bagage et on redescend,
avec 2 polaires, les moufles, l’anorak, les guêtres, le bonnet et le
poncho. Toute la redescente se fait dans ces magnifiques conditions climatiques.
On arrive quand même à apercevoir notre 1er troupeau de rennes…
Sur le chemin, on croise Jean-Pierre, raideur, en bottes de pêcheur
et besace molle + cordes en guise de sac à dos. Ambitieux.
Il nous demande de le ramener avec notre voiture, on fait donc
la route ensemble (7 kms depuis le refuge jusqu’au Barbie Truck, les 7 kms de trop,
et pour nous, et pour les pieds de Jean-Pierre, qui claudique sec en arrivant).
On arrive aux voitures tellement claquées qu’une fois parties,
on ne voit même pas qu’on roule sur une piste à nids de poules depuis 10 kms le
coffre grand ouvert. Précisons que Jean-Pierre, assis à 30 cm du coffre, n’a
rien senti non plus.
On a rien perdu, heureusement ! (Sauf Isa qui a largué son
bonnet sur la montagne, mais a priori, il n’aurait servi qu’une fois pendant le
raid et c’était cette fois.).
Fjord du Geiranger et route des trolls (Norvège)
Après une nuit blanche pour Albane entrecoupée de cauchemars et
de nausées qui ne la quitteront pas du lendemain, (ni du surlendemain) lever
douloureux à 5h30 pour un départ à 6h, histoire de chopper le 1er
ferry en partance pour Hellesylt.
Paysages magnifiques, neige, brouillard. Une armée de japonais déploie des
chaises à toute allure sur le pont et squatte toutes les rambardes. De toute façon, Albane malade et nauséeuse, mieux vaut rester au chaud. On rentre et on
s’affale sur les canapés, sans trop (pas du tout en fait) prêter attention à la
jolie voix off qui explique des trucs sur le Fjord. On mange une délicieuse
crêpe Norvégienne avec un thé, histoire de prendre un petit dej décent car on
vient de rouler 2h30 depuis ce matin.
S’ensuit des paysages superbes dans le fjord du Geiranger suivis
de paysages non moins superbes jusqu’à la route des trolls.
Petit arrêt architectural au sommet du col, béton magnifique.
On repart et re-paysages superbes jusqu’à l’apothéose de la
steppe qu’on traverse pour rejoindre le campement sauvage du soir… Albane,
malade comme un chien, va se coucher alors que tout le monde
fait un feu de joie et des grillades. Isa est dans son élément, elle kiffe.
Vagamo – Sarna (Suède)
C’est le moment de passer aux choses sérieuses pour les photos.
Il faut des portraits. Des scandinaves dans la nature. Du mouvement… bref, va
falloir aller rencontrer l’autochtone.
Isa s’y colle, rapport à la loque du siège passager qu’est
Albane.
Elle commence par un monsieur qui tond sa pelouse au milieu de
la pampa. Puis on se fait inviter, au
détour d’une piste magnifique et d’un paysage lunaire, chez Jon et sa famille
qui nous paient le café et à qui on paie l’apéro. Très chouette moment… Jon prend
même une douche, par amour de l’art, pour qu’Isa le prenne en photo au milieu
de la nature sous sa douche bricolée sous une coque de bateau :
mythique ! Il avait envie de figurer en 1ère page du National
geographic. Tellement mythique qu’on repart de là sans notre road-book, oublié sur
place. Heureusement, Jon nous le renverra au Cap nord.
Isa se fait plaisir dans une fête foraine pour les portraits,
pendant qu’Albane continue d’agoniser à l’arrière du Cali.
Passage presque inaperçu de la frontière suédoise, premier
troupeau de rennes en vue (enfin 2e, mais bon, on passe vite, pas le
temps). Les paysages changent vite. Forêts, toujours des maisons en bois rouge,
so cute !
On arrive le soir dans un camping… douche froide, payante, wi-fi aléatoire, payant, galère. On commence à sentir le caribou. Les chaussettes
font 3 jours. Inédit. Pas moyen de mettre la main sur une machine à laver, soit
en panne, soit prise d’assaut par les autres raideurs… va falloir sortir le
Génie !
Albane finit ce soir-là par se débarrasser de son Alien en le
vomissant à moitié sur son oreiller. Fin du bal, ça va beaucoup mieux !
(ça c'est cadeau !)
Sarnä – Kakuasen (Suède)
7h du mat, Albane se lance dans une lessive, de guerre lasse.
Elle envoie ses fringues sécher dans le sauna du camping, déjà chaud (à moins
qu’il ne le soit resté toute la nuit, ce qui est possible aussi).
Les fringues traîneront dans le cali avec un fil tendu toute la
journée sans sécher car il pleut comme vache qui pisse depuis 3 jours, et
apparemment c’est pas prêt de s’arrêter… Béni soit Barbie Truck, quand les
autres dorment sous la tente…
Mais le cali pue la chaussette. Et le saucisson de renne. Et la
soupe Royco. Enfin, il pue.
Bref, aujourd’hui, 350 kms environ à faire avec un peu de
piste. On se relaie pour soulager Antoine qui est crevé car il a fait
tourner une machine jusqu’à 3 heures du matin (après sa douche froide).
La piste c’est génial, on dégueulasse copieusement les voitures,
on fait un bout de route avec les P’tits Lu et les Vikings, on bavasse sur la cibi.
Au bout d’un moment, on s’arrête pour manger dans un restaurang
en bois, à mi-chemin entre le ranch et le routier, et on s’enfile avec bonheur
des hamburgers maison avec des frites ou des saucisses avec du fromage ou des
trucs panés non identifiés. Et des glaces en dessert !
Junk food, Junk food…
Après un passage dans un espèce de désert superbe, on s’arrête
faire un petit reportage photos dans une ferme ou toute la famille trait les
vaches et fait du fromage à l’ancienne, c’est surnaturel, génial.
On reste un bon moment, et on repart…
Pour arriver sous la pluie au campement, qui n’en est pas un,
car le pré censé nous accueillir est devenu bourbier (rapport à la pluie qui ne
s’arrête que rarement). Donc, bord de route, le long d’un lac, et là le sauna
nous attend, sur un petit îlot… Il est à 80°, on y va, sauna à l’ancienne, en
bois, avec les buches et tout, le feu crépite, et ensuite, après avoir bien
sué, on se jette dans le lac glacial… c’est vivifiant !
Tout le monde se retrouve autour du feu pour faire griller des
saucisses et des chamallows.
Kakuasen – Blattnicksele (Suède)
Après une bonne nuit avec les moustiques, on lève le camp à 8h45
avec Les Vikings, Les P’tits Lu et Antoine. Direction une petite rivière
pour le barbecue de midi aux alentours de Norrsjörn. Sur la route, on s’arrête
faire des photos près d’une maison abandonnée où des carcasses de vieille
bagnoles gisent le ventre béant. Albane reste à la voiture pour bouquiner
tandis qu’Isa tente de débusquer l’angle idéal. Puis nous reprenons la route
qui nous mènera sur une piste bordée de jolies fleurs et des maisons isolées de
couleur rouge. Nos ventres commencent à crier famine et la cibi grésille de
« j’ai faim ! ». Malheureusement pour nous, personne n’a entendu
les membres de l’organisation dire qu’ils avaient repéré un autocollant du raid
nous indiquant le bon chemin pour atteindre le check-point de midi. Résultat on
fait au moins 30 kms en plus et on tourne on tourne sur la piste sans trouver la
bonne. Philippe (G.O.) apparaît alors au croisement d’une route et nous indique le
chemin à suivre. Pendant ce temps, nous avons croisé les trois-quarts des
raideurs, aussi perdus que nous. Un convoi se forme, ce sera notre petit défilé
du 14 juillet. On se retrouve dans un spot parfait pour le barbecue, les
braises sont encore chaudes des premiers arrivés alors on pose nos côtelettes
et on les mange près de la rivière sous un beau soleil. Car oui, le soleil est
revenu !
Au premier nuage, Albane reprend la direction du cali pour faire
les 260 kms qu’il nous reste à parcourir avant ce soir. On emprunte une piste
et on s’arrête au bord de la route pour voir des dizaines de familles pêcher
autour d’un petit lac. Là on prend les appareils, on discute avec 2 bonhommes
bière et vodka maison à la main qui font griller des saucisses d’élan. On
shoote et en voiture Simone !
On est au cœur d’une vaste forêt de conifères, une mer de sapins
qui s’étend à perte de vue. La route est belle, la musique nous porte, on
s’envolerait presque.
Arrivées sur une vaste plaine, on s’arrête pour photographier
des barrières de bois qui tombent en ruine. On enfile nos bottes de pluie,
tourbe oblige.
Le ciel est rempli de gros nuages blancs, comme des cotons posés
là, le soleil nous réchauffe, c’est vraiment sublime. On shoote.
La suite... bientôt.
4 commentaires:
Que d'aventures en si peu de jours !!! :)
j'adore!!
encore des histoires!
encore des photos!
bises ô rennes
evju
et alors, plus de photos ??? c'est trop la brousse (ou plutôt la taïga !)??? on languis !
jp
y'a rien à prendre en photos ici...c'est la loose!
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